arthur rimbaud autographe

(Rimbaud Arthur)

Georges Izambard
(1848-1931). Professeur et poète français. Ami d'Arthur Rimbaud.

Manuscrit autographe signé, Douai, 7 février 1865, 2 pages in-8. Long poème de deux sizains et huit quatrains dédié à un ami. Rare. 

 

« La jeunesse et l’amour, eux par qui l’homme goûte

Le seul parfait bonheur que l’on trouve ici-bas… »

 

« À mon ami E. Bertrand.

 

I

 

L’homme n’est pas mis sur la terre

Pour aimer, pleurer et souffrir,

Mais lorsque il se sent défaillir

La voix du coeur dans sa misère

Vient lui dire tout bas : « Espère,

Des jours meilleurs vont survenir.

 

Après la douleur, l’Espérance,

Après l’Espérance, la foi…

Pourquoi t’affliger en silence,

Pourquoi pleurer tout seul, pourquoi

Te soustraire à la confiance,

Quand l’avenir est devant toi ?

 

II

 

Tu te plains, c’est l’amour qui cause ta tristesse :

Avant d’avoir parlé tu te crois repoussé ;

Que crains-tu, que veux-tu ? Fais du moins quelqu’essai.

Courage donc, l’amour est fait pour la jeunesse.

 

Jeunesse sans amour, c’est le printemps sans fleur,

La rose sans parfum, une route sans arbre :

C’est un torse élégant taillé dans un beau marbre,

Mais qui reste debout, froid, sans vie et sans coeur. 

 

La jeunesse et l’amour, eux par qui l’homme goûte

Le seul parfait bonheur que l’on trouve ici-bas :

Par eux, il ne connait ni les pleurs, ni le doute,

le coeur libre de maux qu’il ne soupçonne pas… ».

 

 

Georges Izambard sera nommé en janvier 1870 professeur de rhétorique au collège de Charleville. C’est là qu’il rencontre et se lie d’amitié avec un de ses élèves : Arthur Rimbaud. Ce dernier était entré au collège de Charleville en 1865 après avoir fréquenté l’institut Rossat. Izambard fait découvrir à Rimbaud plusieurs auteurs dont notamment Rabelais, Victor Hugo et Théodore de Banville. Cette amitié n’est pas du gôut de Vitalie Rimbaud, mère d’Arthur. 

 

Le jeune poète commence ses premières fugues en 1870 et se rend à Paris au mois d’août alors que la France et la Prusse sont en pleine guerre. Contrôlé à la gare du Nord sans billet sur lui, Rimbaud sera incarcéré en prison. C’est Georges Izambard qui paiera sa dette et qui lui proposera un temps de l’héberger à Douai chez ses tantes. C’est durant cette période (septembre-octobre 1870) que Rimbaud réunira plusieurs de ses poèmes en liasse en vue de se faire éditer (Cahier de Douai). 

 

Arthur Rimbaud, alors de retour chez sa mère, écrira à Georges Izambard le 2 novembre 1870 : « La reconnaissance que je vous ai, je ne saurais pas vous l’exprimer aujourd’hui plus que l’autre jour. je vous le prouverai. Il s’agirait de faire quelque chose pour vous, que je mourrais pour le faire, je vous en donne ma parole. J’ai encore un tas de choses à dire… » (lettre du 2 novembre 1870).



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