impératrice eugénie autographe

Eugénie (Impératrice)

(1826-1920). 
Impératrice consort des Français. Épouse de Napoléon III

Lettre autographe signée « Eugénie », (Camden Place), 24 novembre 1870, à Napoléon III, 3 pages in-8. Belle lettre d’exil écrite peu après la chute de l’Empire et évoquant Gambetta.
 
« On ose imprimer sous la férule de Gambetta (…) ma pauvre tête se perd, dans les ténèbres de l’avenir »
 
« Très cher ami (…) Il y a un conseil des ministres annoncé. Voilà tout. C’est demain que nous saurons ce qui s’est passé ; car probablement les journaux en seront informés (…) rien du théâtre de la guerre. Le général Trochu a encore fait une proclamation (Il s’agit du gouverneur de Paris et président du gouvernement de la Défense nationale). Cette fois, il ne se laisse pas aller à sa verve habituelle. Sa teinte mélancolique se retrouve aisément (…) J’ai appris qu’il se sert de nos voitures, nos domestiques et de tout ce qu’il peut ; pour un farouche moraliste, c’est trop n’est-ce pas ? (…)
Garibaldi a lacéré les matelats du pauvre évêque d’Autun, pour rechercher les espions prussiens. C’est au milieu de la nuit qu’on s’est livré à cet exercice. (…) Le Gouvernement de la Défense nationale, ne sachant plus où donner de la tête, pensaient faire appel à mon patriotisme en me priant de venir.
Ceci n’a pas le sens commun, mais c’est extraordinaire qu’on ose imprimer sous la férule de Gambetta.
Nous avons le soleil, c’est te dire que je suis mieux, mais la nuit, la terrible nuit, je n’ai pas pu dormir ! Et c’est alors que ma pauvre tête se perd, dans les ténèbres de l’avenir (…)
Eugénie ».
 
Après la défaite de Sedan le 1er septembre 1870 et la chute du second Empire, l’impératrice Eugénie quitte la France et s’exile en Angleterre à Chislehurst. À cette date, Napoléon III est prisonnier des Prussiens au château de Wilhelmshöhe près de Cassel. Il y demeurera jusqu’en mars 1871 avant de rejoindre son épouse.
 
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