vergniaud autographe

Vergniaud (Pierre-Victurnien)

(1753-1793)
Avocat, homme politique et révolutionnaire français.

Pièce signée, Paris, 24 novembre 1791, co-signée par Élie Guadet (1758-1794) et Pierre-Anastase Torné (1727-1797), Décret de l’Assemblée nationale, 1 page in-folio avec vignette et cachet de cire rouge (« la Loi et le Roi »). Très rare signature d’un des plus brillants orateurs de la révolution française.
 
Décret d’accusation contre un homme ayant correspondu avec Charles-Alexandre de Calonne alors émigré à Coblence.
 
« L’assemblée nationale, après avoir entendu la lecture d’une lettre dattée de Paris le vingt-deux octobre, signée Delattre, professeur en droit de la faculté de Paris et adressée à M. de Calonne, conseiller d’État à Coblentz, et led. Sr Delattre à la Barre ;
Décrète qu’il y a lieu à accusation contre led. Sr Delattre, Professeur en droit de la faculté de Paris ; qu’il sera en conséquence traduit dans les Prisons de l’abbaye, et que par le juge de paix de la Section ou led. Sr delattre est domicilié, il serait fait un inventaire et procès-verbal de ses papiers, lesquels seront déposés aux archives de l’assemblée nationale.
Collationné à l’original par nous, Président et secrétaires de l’assemblée nationale. À Paris le 21 9re 1791.
Vergniaud Presidt
Guadet
Torné ».
 
Après la fuite du roi et son arrestation à Varennes, les députés de l’Assemblée nationale sont particulièrement soucieux des mouvements contre-révolutionnaires organisés par les émigrés à partir de Coblence. C’est en ce sens que Vergniaud s’adresse au roi le 29 octobre lors d’un discours célèbre : « Si le roi a le chagrin de ne pas trouver en ses frères (les émigrés) l'amour et l'obéissance, qu'ardent défenseur de la liberté, il s'adresse au cœur des Français, il y trouvera de quoi se dédommager de ses pertes ». Ce discours aura un effet considérable sur les députés. À tel point que, dès le lendemain, ces derniers nommeront Vergniaud président de l’Assemblée nationale. Le 9 novembre, ils voteront le décret contre les émigrés auquel Louis XVI opposera son veto le 11 novembre.
 
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