autographe revolution

Le Bon (Joseph)

(1765-1795)
Prêtre constitutionnel, Conventionnel et révolutionnaire français.

Manuscrit autographe, (Amiens), peu après sa condamnation le 11 octobre 1795, aux Comités de Salut public et de Législation, 2 pages in-4. Très rare.
 
Importantes notes après sa condamnation, où il reprend les points de son procès, et où, en s'appuyant sur le code pénal, il réfute l'accusation d'homicide, et du coup sa condamnation à mort, qui ne peut selon lui s'appliquer à son cas :
 
« la plupart des délits à moi imputés n'étaient ni prévus ni spécifiés par le code pénal ou les loix révolutionnaires. [...] On a soumis aux jurés des questions législatives qu'ils ont décidées. On leur a demandé si mes démarches pour faire punir les ennemis de la patrie ne devaient pas être regardé comme des provocations au meurtre. Ils ont repondu oui. Alors, nouvelle question plus perfide : est-il constant que par suite de ces provocations tels et tels ayent été condamnés ? Oui. Donc Joseph Lebon est coupable ».
Coupable de provocations, certes, mais certainement pas de meurtres comme il a été condamné... Il expose les différents points discutés entre lui et l'accusation, montrant qu'il ne peut être directement accusé d'homicide. Ainsi discute-t-il avec minutie le fait que s'il est condamné « par suite » de provocations ayant entraîné le meurtre de citoyens (dans le cas présent, il s'agit de mise en accusation et jugement ayant abouti à la mort), il n'a pas été déclaré que ce fut « par suite et à l'occasion » (comme mentionné dans le code pénal) des dites provocations... On dit qu'il a agi « avec préméditation ; soit, puisqu'on le veut. Mais dans les provocations seules, et non dans les condamnations qualifiées d'assassinats qui ne sont pas mon ouvrage. Ainsi le crime d'assassinat ne me regarde pas. Il ne me regarderait que dans le cas où il aurait été commis par d'autres, par suite et à l'occasion de mes provocations. Or le juri en declarant le par suite n'a pas déclaré le à l'occasion ce qui seul [...] pouvait me rendre responsable d'assassinats commis par autrui. [...] En supposant que les condamnations soient des homicides, elles regardent ceux qui les ont prononcées. Dire qu'elles sont devenues assassinats, parce qu'elles ont été précédées d'autres crimes tels que la provocation de ma part, ce serait être injuste envers ceux qui les auraient rendus, puisque les provocations ne seraient pas leur ouvrage. [...] En un mot, nulle part il n'est dit dans la déclaration des jurés que les condamnations appelées homicides ou assassinats, aient eu lieu à l'occasion de mes provocations ; je ne peux donc pas être responsable de ces assassinats ».
 
Après avoir été élu à la Convention, Joseph Le Bon avait siégé au Comité de sûreté général où il devient avec Lebas l’oreille et la bouche de Robespierre. Envoyé par la suite en mission dans le Pas-de-Calais, son nom reste attaché à la répression des menées contre-révolutionnaires. Il obtient l’institutionnalisation du Tribunal révolutionnaire (février 1794) dans sa région. Le Bon sera accusé d’une rigueur souvent injustifiée (550 condamnations auxquelles s’ajoutent une centaine de suspects morts en détention).
Après Thermidor, ses liens avec Robespierre favorisent son rappel et son arrestation (2 août 1794). Après une longue instruction, la Convention décide le renvoi de Le Bon devant le Tribunal criminel de la Somme qui le condamne à mort le 11 octobre 1795 pour excès de pouvoir. Il sera guillotiné le 16 octobre.
 
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