louis xvi autographe

(Louis XVI / Abolition des privilèges)

LOUIS XVI (1754-1793).
Roi de France puis Roi des Français.

Lettre signée (secrétaire), Paris, 12 juillet 1790, à M. de Vaucresson, premier Président du Grand Conseil ; contresignée par le ministre de l’Intérieur François-Emmanuel Guignard de Saint-Priest (1735-1821), 1 page in-folio en partie imprimée, adresse. Lettre écrite le jour de l’adoption de la constitution civile du clergé et deux jours avant la fête de la Fédération.
 
Rare document sur l’abolition de la Noblesse héréditaire
 
« Mons. De Vaucresson. J’envoye à ma Grand Conseil mes lettres patentes sur Décret de l’assemblée nationale qui abolit la noblesse héréditaire.
Et je vous fais cette lettre pour vous mander et ordonner de faire pour leur enrigestrement, même en temps de vacations, tous ce qui est du devoir et de l’autorité de votre charge. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait Mons. De Vaucresson en sa sainte garde. Écrit à Paris le 12 juillet 1790.
Louis.
Guignard ».
 
L’assemblée constituante, dans sa séance du 19 juin 1790, compléta l’œuvre qu’elle avait commencée dans celle du 4 août 1789, supprimant la noblesse héréditaire et toutes les qualifications qui en dérivent. Cette proposition, faite par un membre obscur, fut aussitôt appuyée par Charles de Lameth, de La Fayette, de Noailles, Mathieu de Montmorency, et chacun d’eux se fit gloire d’en amplifier le sens et l’étendue.
Voici un fragment du décret qui fut rendu, malgré l’opposition de l’abbé Maury et de quelques nobles : « L’Assemblée nationale décrète que la noblesse héréditaire est pour toujours abolie en France ; qu’en conséquence les titres de marquis, chevalier, écuyer, comte, vicomte, messire, prince, baron, vidame, noble, duc, et tous autres titres semblables, ne seront pris par qui que ce soit, ni donnés à personne ; qu’aucun citoyen français ne pourra prendre que le vrai nom de sa famille ; qu’il ne pourra non plus porter, ni faire porter de livrée, ni avoir d’armoiries ; que l’encens ne sera brûlé dans les temples que pour honorer la Divinité, et ne sera offert à qui que ce soit ; que les titres de monseigneur et messeigneurs ne seront donnés ni à aucun corps, ni à aucun individu, ainsi que les titres d’excellence, d’éminence, de grandeur, etc. »
 
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