Poilus (14-18)

Première Guerre mondiale
(1914-1918)

Huit lettres autographes signées du soldat Armand Bruneau (1881-1919) à sa femme Georgette, août 1915 et janvier 1916. 22 pages formats divers. Joint : une lettre de sa femme (janvier 1916) ainsi que trois photographies. La première représentant le soldat Armand Bruneau, la seconde Armand Bruneau et sa femme lors de leur mariage et la troisième Armand Bruneau en compagnie d’une parente. 

 

Très émouvant témoignage d’un soldat français lors de la Première Guerre mondiale, décrivant les conditions de vie, les préoccupations des soldats, leur lassitude. 

 

1)-Parois (Clermont-en-Argonne), le 8 août 1915, à sa femme, 2 pages in-12, au crayon :

 

« Je ne te dis pas sur ma lettre elle peut être décacheté… »

 

« Ma cher petite bien aimée  mignonne,

(…) Il y a encore des permissionnaires qui sont arrivés aujourd’hui. Il sont content heureux mai le civil ne les reçoivent pas bien. Il se passe quelque chose tout affait stupide si je viens en perme. Je te dirai cela si je ni songe pas tu me le demanderas. Je ne te dis pas sur ma lettre elle peut être décacheté. Tu m’envoyeras du tabac du fromage (…) et du fil noir le plus fort que tu pourra trouvé.

Ma cher petite femme bien aimé, je ne ses pas quand je viendrai en perme, ne te mes pas dans la tête, que je va venir, nous on ne ses pas ses le Colonel qui nous nômes. Cela ne va pas vite… ».


2)-12 août 1915, 2 pages in-12 au crayon :

 

« Ma cher petite femme (…) Ou que je suis il tombe de l’eau tous les jours, si ses comme cela chez vous cela ses bien triste. La moisson va être mauvaise, les meules toutes mouillées, le blé germée (…) je te remercie de ses petits colis qui ma fait bien plaisir. J’ai plus qu’un paquet de tabac si tu peut m’envoyer aussitôt ma lettre reçu un colis… »

 

 

3)-14 août 1915, à sa femme, 2 pages in-8 au crayon :

 

« Aujourd’hui 14 ses la fête du Kaiser, on lui souhaite avec des pruneaux qu’il ne veulent pas cuire, ses bien assez, bien pour ça gueule, il faudrai qu’il y en est un qui lui aute la tête… »

 

« Ma cher petite femme bien aimée chérie

(…) On ne ses pas comme on vie, je crois bien qu’on va devenir abrutie, on a pas beaucoup de mémoire. (…) J’ai reçu des nouvelles de Perchelet il a fini sa moisson il se plaint aussi que la moisson chez lui n’ai pas bonne (…) Il a fait encore de l’orage cette nuit il a beaucoup tombé de l’eau, du tonnerre, ses pas assez d’entendre le canon il faut qu’il tonne tous dérangé le temps. S’il fait comme cela chez vous, vous devez pas être heureux pour faire la moisson (…) Ne te tourmente pas pour moi ma santé est bonne, si j’étais à côté de toi elle serai beaucoup meilleurs. J’aurais celle qui m’aime pour me reconsolé, quand donc ce jour tant (pleuré ?) ne viendra. Ce sera le plus beau jour de ma vie. 

Aujourd’hui 14 ses la fête du Kaiser, on lui souhaite avec des pruneaux qu’il ne veulent pas cuire, ses bien assez, bien pour ça gueule, il faudrai qu’il y en est un qui lui aute la tête… »

 

4)-Le Mamelon Blanc (Argonne), 16 août 1915, à sa femme, 2 pages in-12 au crayon.

 

« Tu as vue des boches tu aies contente mai je voudrai bien plus les voies ni les entendre, j’en aient assez vues… »

 

« Ma cher petite femme adoré (…) J’écris sur mon genoux, je suis en train de faire des tranchées on reçoie des marmites. À part cela tout va bien, ma santé est bonne, je souhaite que la tienne soit de même (…) Tu as vue des boches tu aies contente mai je voudrai bien plus les voies ni les entendre, j’en aient assez vues. Tu me dis que tu vas avoir un soldat, il ne faudrai pas que ça soit un boche…. »

 

5)-Le Mamelon Blanc (Argonne), 17 août 1915, à sa femme, 4 pages in-12 au crayon.

 

«  On fais des tranchées pas loing des boches… »

 

« Ma cher petite femme adoré bien aimé (…) Je suis toujours en bonne santé on fais des tranchées pas loing des boches, on les voit aussi travailler, on a pas beaucoup de temps à soit. J’avais prévue de faire quelques choses de chiques, j'ai pu faire qu’une feuille que tu dois avoir reçu. En ce moment je ne peut pas et au repos il nous est impossible. je ne ses pas quand on ira au repos. Tu me dis qu’il y a beaucoup de permissionnaires (…) ils ont de la chance. Quand à moi je ne ses pas encore quand je viendrai (…) je vis dans l’espérance de venir te voir un jour. je voudrai bien que cela soit cet semaine. Malheureusement nom. je trouve les jours bien longs… ».

 

6)-Le Mamelon Blanc (Argonne), 19 août 1915, à sa femme, 2 pages in-12 au crayon.

 

« On reçoit des obus de tans en tans. On travaille jour et nuit… »

 

« Ma cher petite femme aimée (…) J’ai reçu ton colis hier soir. Il y avait du chocolat (…) les cigares sont bons j’en fume un en écrivant ta lettre (…) nous sommes toujours entraint de faire des tranchées en première ligne. On reçoit des obus de tans en tans. On travaille jour et nuit. je ne ses pas quand on va allez au repos.

Quand au temps il est revenu au beau. Il fait du brouillard on se croirait aux moi de mars (…) Il y a des permissionnaires de partie aujourd’hui. Je ne suis pas dans le nombre, cela viendra peut être un jour. Il en part que tout les 8 jours. Il y en a qui vienne de revenir de perme, il dise tous qu’on ne serais pas que ses la guerre, que la vie est comme en temps de paix, qu’il y a bal le dimanche, on se promène, il y'a des femmes qui ont des gosses, d’autres le ventre au nez, ça leur donne un bon gout. Il y a des copains qui ont fichue leurs femmes dehors à coup de baton. Il y en a qui sont tué et noyers, tout ça ses bien triste (…) 

Leur maris défende le pays et les femmes font la noce avec d’autre. Ils sont bien malheureux ses pauvres copains, il pleure… ».

 

7)-Vauquois (Meuse), 21 janvier 1916, à sa femme, 4 pages in-12 à l’encre :

 

« On va être encore propre, les boyaux plein d’eau et de la boue, il tombe de l’eau encore, ses terrible de voir cela, tous les jours de l’eau… »

 

« Ma cher petite femme bien aimé adoré chérie (…) j’ai reçu ton colis hier, tout était bien en ordre, le jambon il est extra, les petits beurres était un peu cassé, quand au beurre il était intacte, le paquet de tabac lui n’avait rien, cela me fait bien plaisir, je te remercie, de savoir que tu pense à moi, que tu es gentille pour moi (…) On part ce soir au repos, encore une nuit blanche, pour moi et 25 kilomètres à pied à Jubécourt on va être encore propre, les boyaux plein d’eau et de la boue, il tombe de l’eau encore, ses terrible de voir cela, tous les jours de l’eau (…) on va encore nous revaxinés une deuxième fois, si cela me rend encore malade comme la dernière fois, je ne veux pas être encore… ».

 

8/-Jubécourt (Meuse), 22 janvier 1916, à sa femme, 4 pages in-12 à l’encre :

 

« On est sale comme des cochons (…) Je ne peut plus marché, on est usé, il faudrai qu’on rentre chez soit.. »

 

« Ma cher petite femme bien aimée adorée (…) je suis au repos aujourd’hui, je me suis couché il était 3h du matin et on a une revue en tenue de campagne à une heure, on est sale comme des cochons, je prend mon couteau pour ôté la boue, qu’il y a après ma capote et mon pantalon, je n’ai pas une minute à moi, j’ai dormi que 3 heures, j’ai bien souffère de ma jambe que j’ai des varices . J’ai bien souffère pour venir. Je ne peut plus marché, on est usé, il faudrai qu’on rentre chez soit. Et j’ai un bon rhume… ».

 

9/-Lettre de Georgette Bruneau à son mari, Boigneville, 17 janvier 1916, 4 pages in-8 : 

 

« Mon cher petit homme bien aimé chérie (…) Je vais répondre à tes lettres sur celle du 13 tu me dit que ta fièvre est passée tant mieux s’il y a plus que la mienne qui te tient, tu as encore le temps de te la faire passée avan que tu vienne çi tu vient qu’au moi de mars, cela fait encore 2 mois alors ça a le temps de te quitté et de te reprendre… »

 

D’après les informations qui nous ont été communiquées, Armand Bruneau était né le 20 août 1881 à Boigneville (Essonne) et il est décédé dans la même ville le 12 juin 1919 à la suite d’une maladie contractée en service. Il était soldat du 31e régiment d’infanterie en sa qualité de Clairon de musique. 

 


Vendu