Seberg (Jean)

(1939-1979)
Actrice américaine.

Très belles Archives de l’actrice au tout début de sa carrière comprenant :

 

1)-Une lettre tapuscrite signée « Jean », 19 mars 1959, probablement à un représentant de l’entreprise Columbia, 2 pages in-4. 

 

Dans cette lettre, Jean Seberg souhaite revenir sur quelques détails concernant sa carrière. Notamment à la suite de son mariage précoce avec l’acteur et avocat français François Moreuil qu’elle avait épousé en 1958. Elle tente de rassurer la Columbia que son installation en France ne l’empêche en rien de continuer sa carrière : 

 

« La première question qui se pose est celle du mariage et de la carrière, il me semble. Je ne pense pas que le mot "contre" doive être utilisé et que c'est un problème qui peut être résolu sans trop de difficulté. Un fait évident demeure cependant que moi, une Américaine, ai épousé un Français et suis venue, naturellement m'installer avec lui en France. Au moment de notre mariage, nous avons tous deux reconnu le fait que la nature de mon travail créerait certaines séparations nécessaires. Paris et mon domicile et mon centre d’opérations sont considérés comme 1) les avions volent plus vite chaque jour 2) les films sont considérablement décentralisés d’Hollywood aux capitales européennes et 3) cela fait de moi la seule actrice sous contrat avec Columbia à être constamment disponible pour la publicité de Continental et 4) j'ai clairement expliqué ma volonté de travailler à tout moment (…) L’Europe s’est révélée être une énorme leçon de connaissance et de sensibilité sur tous les plans ». 

(…)

« J'assiste à un cours sous la direction de la direction de l'école dramatique de Jean-Louis Barrault, à un cours de dictée avec une excellente anglaise et, plusieurs fois par semaine, à des cours de danse et d'exercices avec Don Lurio, un Américain vivant ici et qui a travaillé en Californie avec Donald O'Connor et Gene Kelly ».

(…)

Croyez-moi dans tout ce que je dis. J'essaie d'être lucide et logique. Je ne pense pas seulement à moi. Je sais que Columbia veut développer les jeunes talents et faire de bons films, et tout ce qu'ils ont fait pour moi à cet égard me laisse une grande admiration pour eux (...) Je suis très impatient de connaître votre attitude à l'égard de tout ce que j'ai dit. (...) Pour moi, jouer est un métier qui demande formation, réflexion et perception, et j'estime que mes efforts vont dans la bonne direction (…) Jean ». 

 

2)-Trois photographies originales et inédites de Jean Seberg quelques temps après son mariage. Photos la représentant en vacances avec des amis. Tirage argentique, 8 x 12 cm.

 

3)-Une lettre dactylographiée signée du réalisateur américain Otto Preminger (1905-1986) au père de Jean Seberg, 3 février 1958, 1 page 1/2 in-4, en-tête du film Bonjour tristesse. (film réalisé par Otto Preminger en 1958 et adapté du roman de Françoise Sagan. Il s’agit du second film de Jean Seberg en tant qu’actrice. Le film était sorti le 1er avril 1958 aux États-Unis). 

 

Otto Preminger se dit choqué des prétentions salariales de Jean Seberg.

 

« Cher Monsieur Seberg,

S'il vous plaît, pardonnez le retard avec lequel vous avez répondu à votre lettre, mais j'ai quitté la ville jusqu'à ce matin.

J'ai été surprise et choquée d'apprendre que Jean a du mal à s'entendre sur le salaire qu'elle gagne. La plupart du temps, jusqu'à présent, Carlyle Productions payait tous ses frais et achetait tous ses vêtements pour les apparences que nous avions demandées, comme des voyages publicitaires, des séances de photographie, des ouvertures, etc. Cela n'est en fait pas prévu dans le contrat, ni comme d'habitude. dans l'industrie de l'image.

 

Carlyle n'a pas non plus exercé son droit de contact pendant une période de mise en disponibilité de douze semaines au cours de la première année du contrat de Jean, mais a continué de payer son salaire pendant la période où ses services n'étaient pas requis.

 

Selon la pratique de l'industrie, nous aurions le droit de demander à Jean d’ établir sa résidence permanente soit à Los Angeles, soit à New York. Jean a choisi New York comme résidence. Elle doit vivre ici avec son salaire et ne peut pas s'attendre à des dépenses supplémentaires, à moins que nous ne lui demandions de fournir des services en dehors de New York.

 

Je pensais que nous avions traité particulièrement bien et généreusement Jean et qu'elle avait une très bonne occasion de faire des économies substantielles au cours de la dernière année ... « 

 

En marge de ce courrier, le père de Jean Seberg écrit : « Jean, cela me me semble raisonnable. Tu peux détruire cela maintenant. Papa ».

 

Nous joignons la copie carbone de la réponse du père de Jean Seberg à Otto Preminger. 

 

3)-Une seconde lettre dactylographiée signée du réalisateur américain Otto Preminger au père de Jean Seberg, 13 mars 1958, en-tête de Carlyle Production, 1 page in-4.

 

« Cher Monsieur Seberg,

Merci pour votre lettre du 5 mars 1958. Apparemment, je n'ai pas réussi à vous rendre ma position plus claire.

L'idée du contrat de travail de Jean est qu'elle travaille pour Carlyle Productions ici ou en Californie pour le salaire qu'elle reçoit. L'exploitation d’un film fait partie de son travail. Chaque fois qu'elle quitte New York à notre demande, nous lui versons naturellement ses frais. Si, à la suite de votre suggestion, nous avons accepté de payer à Jean des dépenses quotidiennes de 25 $. Même si elle travaille pour nous à New York, cela signifierait simplement augmenter son salaire de 175 $ par semaine… ».

 

4)-Divers documents dont une lettre signée de Mort Viner, agent artistique de Jean Seberg au sujet de contrats, en date du 15 mai 1959. Un brouillon ne lettre autographe signée « Jean » de la main de son mari François Moreuil datée du 28 mars 1959, toujours au sujet de ses contrats avec Columbia. Une lettre signée d’Henri d’Orléans, comte de Paris, au père de François Moreuil, datée du 2 septembre 1958, pour le féliciter du mariage de son fils avec Jean Seberg. Deux nappes de table en papier (100 x 65 cm) du célèbre restaurant parisien La Méditerranée illustrées d’une carte de la Méditerranée sur lesquelles François Moreuil a écrit et dessiné des déclarations d’amour et des projets de voyages avec Jean Seberg. D’autres personnes ont également écrit (Jean Caraciola, Marie Pia). 


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