Guerre de Sept ans

Charles-Louis-Auguste Fouquet de Belle Isle (1684-1761). 
Officier et diplomate français. Ministre de Louis XV, maréchal de France.

Lettre signée "Le Maréchal Duc de Belle-Isle" avec compliments autographes (3 lignes), Compiègne, 23 juillet 1757, à M. de l’Hopital, 3 pages in-4.


Intéressante lettre relative aux évènements de la guerre de Sept ans.

 

« Je vois toujours quelque chose de louche dans la conduite du ministre Russien, et encore plus dans celle du général Apraxin… »

 

« Je ne m’accoutume point Monsieur, à avoir avec vous un commerce aussi lent et aussi irrégulier, je voudrais pourvoir vous entretenir au moins une fois la semaine, et il y aurait bien de la matière pour cela. Je profite d’un courrier qu’on dépêche à M. de Broglie à Varsovie, pour vous dire que M L’abbé de Bernis (il s’agit du futur Cardinal de Bernis) est dans l’intention de vous faire rembourser tous les frais de votre voyage sur l’état que vous en fournirez, sans aller chipoter comme faisait M. Rouille. (…)

 

Je vois toujours quelque chose de louche dans la conduite du ministre Russien, et encore plus dans celle du général Apraxin (Stepan Fiodorovitch Apraxine, 1702-1758, commandant des armées russes pendant la guerre de Sept ans). Tout ce que m’en mande Wittinkoff n’est pas satisfaisant. C’est ce qui me fait encore regretter de plus en plus que le Chevalier de la Messelière ne soit pas resté dans cette armée, dont nous ne sommes presque point instruits. 

 

On ne peut être plus content que je le suis du petit Déon (le célèbre espion Charles d’Éon de Beaumont qui commença sa carrière lors de la guerre de Sept ans), j’aimais beaucoup son Oncle, et par cette raison je m’intéressais beaucoup à lui. Je m’y intéresse à présent pour lui-même, il me parait extrêmement sage, sensé et intelligent. L’abbé de Bernis vous le renvoyera incessamment, et je vous écrirai encore par lui avec plus de liberté parce que je serai encore plus assuré de la lettre que je lui donnerai, que de celle, qui passera par plusieurs mains avant de vous parvenir.

 

L’abbé de Bernis vous informe sans doute des bonnes nouvelles que nous avons reçues du Canada. Vous l’êtes aussi (…) de celles de Bohême. M. de Stainville part la semaine prochaine pour se rendre à Vienne, et il est bien nécessaire que votre correspondance soit exacte et suivie.

Tout est ici dans la forme ord(inaire) : ma santé se soutient, je souhaite et espère qu’il en sera de même de la votre (…)

Le Mal Duc de Belle Isle ».

 

Élevé à la dignité de Maréchal de France en 1740, le duc de Belle Isle fait carrière dans la diplomatie en Allemagne et prit une part active à la guerre de Succession d’Autriche (1740-1748). Le 16 mai 1756, il devint ministre d’État puis le 3 mars 1758, secrétaire d’État au département de la Guerre.

 

La guerre de Sept ans est considérée comme la première guerre mondiale de l’histoire. Elle se déroule aussi bien en Europe que en Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada) et en Inde. Elle avait opposé le Royaume de France, l’Autriche, leurs empires coloniaux et leurs alliés, au Royaume de Grande-Bretagne, au royaume de Prusse, leurs empires coloniaux et leurs alliés. 

La France sort très affaiblie de ce conflit. Elle perd une grande partie de son influence sur les territoires de l’Amérique du Nord au profit de la Grande-Bretagne. Son armée et sa marine sont décimées et les conséquences économiques sont désastreuses, plombant les finances du Royaume pour de longues années.


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