Percy (Pierre-François)

(1754-1825)
Chirurgien militaire, chef de service de Santé des armées sous l'Empire.

Lettre autographe signée, sans lieu ni date (autour de 1796), au « Comité de Santé » de l’armée, 1 page in-folio, en-tête de l’Armée de Rhin-Moselle, vignette des droits de l’homme.

 

Percy s’oppose à employer un homme libéré d’accusation de terrorisme.

 

« Citoyens, collègues,

J’ai beaucoup plus de collègues de 1er classe qu’il n’en faut pour assurer le service de nos hôpitaux. Tous ne sont pas également bons ; j’en connais même déjà quelques uns dont la capacité me donne de grandes inquiétudes. Ils sont commissionnés ou par les ministres, ou par feue Madame Santé qui n’y regardait pas de plus près, et m’y voyait guère plus clair.

On m’a prévenu que vous alliez encore me donner le C(itoyen) Mongeat à qui on a rendu ses armes et la liberté que l’accusation de terrorisme lui avait enlever. Employez le partout ailleurs je vous prie, mais que ce ne soit pas dans cette armée, et encore moins à Strasbourg où je ne vous répondrai rien de lui, ni de ceux qui le verraient leur ôter leur emploi.

Soyez sûr que cet homme si atrocement célèbre dans le département du haut et bas-Rhin, n’a pas besoin de la chirurgie pour exister. J’ignore s’il a mérité le mal qu’on y en dit ; mais je doute qu’on puisse en dire davantage de qui que ce soit depuis la Révolution. 

Salut et fraternité.

Percy ».

 

le conseil de Santé, composé de 15 membres, était chargé de s’occuper de l’état sanitaire des armées. Pierre-François Percy sera un des trois premiers officiers en chef de l’hôpital d'instruction militaire du Val de Grâce ainsi que le chirurgien-chef des armées de la Moselle, de Sambre-et-Meuse et de celle du Rhin commandée par Jean-Victor Moreau. C'est dans le service de cette armée qu'il organise les corps ambulants de chirurgiens militaires pour recueillir et soigner les blessés sous le feu de l'ennemi. Ce fut aussi pendant ses fonctions de premier chirurgien de cette armée, qu'il fit renouveler entre les généraux Kray et Moreau, la convention établie en 1754 qui visait à protéger les hôpitaux des armées durant les conflits. Il a l’idée d’un corps de santé indépendant, neutre et inviolable, corps créé par Henri Dunant en 1863 avec La Croix-Rouge. En fait, le général Kray a refusé cette convention.

 

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