Soutine (Chaïm)

(1893 ou 1894-1943)
Peintre russe.

Lettre autographe signée « Soutine », Paris, 5 décembre 1930, à l’historien d’art Élie Faure, 1 page in-12 sur petits carreaux, enveloppe autographe avec timbre et cachet postaux.

 

Très rare lettre de Soutine à Élie Faure, à la suite de leur brouille.

 

« Cher Monsieur Faure,

j’ai bien reçu vos deux lettres. Je vous en remercie. Je suis actuellement dans l’embarras. Les souvenirs de l’année dernière sont encore récents. Il m’est très difficile en ce moment de vous voir.

Je vous prie de croire à mes sentiments bien sincères.

Soutine ».

 

Les relations qu’avait entretenues Soutine avec ses amis et mécènes étaient marquées par le caractère colérique et bouillonnant du peintre qui ne ménageait pas les susceptibilités. En avril 1830, Soutine s’était emporté dans une lettre à Élie Faure en lui écrivant : « J’ai beaucoup pensé et réfléchi à votre lettre et j’aimerais mieux qu’elle me bafoue que toute cette admiration que Vous me jetez à la figure. Au moment où l’on m’outrage, il ne fallait pas parler peinture. Et vos sentiments d’amitié, que voulez-vous qu’ils viennent à ce moment là ?… »

 

Élie Faure avait rencontré Soutine en 1917. Admirant son génie (« le premier, très loin, des peintres vivants »), Faure l’accueille dans sa maison, aussi bien à Paris qu’à Bordeaux ou en Dordogne. Ils entreprennent tous les deux un voyage en Espagne en 1929. Faure publie même une monographie consacrée à Soutine et lui achète des toiles. 

L'amitié qui liait les deux hommes était très forte, Élie Faure traitant Soutine comme un fils, mais une brouille les sépara au printemps 1930 : Soutine serait tombé amoureux de Marie-Zéline dite Zizou, la fille d'Élie Faure. Il en parla à ce dernier (qui semble avoir gardé le silence auprès de Zizou) mais tarda à se déclarer auprès de la jeune fille elle-même : quand il se décida enfin à le faire, celle-ci s'était entre temps engagée auprès d'un autre – d'où la furie de l'irascible peintre.

 
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