États-Généraux (1789)

Bertrand Barère (1755-1841).
Homme politique français, membre du comité de Salut public.

Lettre autographe signée « Barère de Vieuzac », Versailles, 22 mai 1789, à « Monseigneur » (François de Gain de Montaignac, évêque de Tarbes), 2 pages in-4. La lettre est co-signée de la main de Barère en faveur de Pierre-Charles François Dupond, second représentant du Tiers-Etat pour le Pays de Bigorre.  

 

Belle et rare lettre de Barère alors représentant du Tiers-Etat aux Etats-Généraux de 1789, alertant l’évêque de Tarbes que certaines communes n’ont pu transmettre leurs doléances.

 

« Veuillés, Monseigneur, vous occuper au plus tôt de cette demande qui intéresse mille français désirant qu’on stipule pour eux dans les affaires nationales… »

 

« Monseigneur,

Nous sommes chargés par mille habitants du pays de Rustaing près Tarbes, composant la ville de S. Sever de Rustaing et six communes adjacentes, de vous adresser leurs justes plaintes de ce qu’ils n’ont été compris dans aucune assemblée de bailliage ou sénéchaussée et d’être ainsi sans représentans. Ils ont pris en conséquence une délibération dans laquelle ils exposent leurs motifs et leurs espérances dans la justice du roi et de ses ministres. Nous adressons dans le moment à monsieur le directeur général des finances (Jacques Necker), un extrait de la même délibération prise par les habitans du pays de Rustaing. leur objet est de s’assembler dans la forme que vous jugerés la plus convenable et la plus prompte pour rédiger leur cahier de doléances et l’envoyer à des députés déjà nommés par les provinces voisines, avec leur procuration. Veuillés, Monseigneur, vous occuper au plus tôt de cette demande qui intéresse mille français désirant qu’on stipule pour eux dans les affaires nationales. Ils attendent avec confiance votre réponse qu’il nous tarde déjà de leur faire parvenir. 

Nous joignons à cette demande le cahier collationné de nos doléances. Vous y verrés les abus dont la province de Bigorre se plaint, surtout dans l’administration de la justice locale, abus que nous développerons pour vos yeux  (…) quand vous permettrez aux députés de la Bigorre de vous rendre leurs hommages particuliers et de remplir près de vous leur honorable mission.

Nous avons l’honneur d’être avec le plus profond respect,

Monseigneur,

Votre très humble et très obéissant serviteur

Barère de Vieuzac ». 

 

En 1789, Barère nommé électeur et rédacteur des cahiers de doléance de la sénéchaussée de Bigorre. Il est élu représentant du Tiers-Etat aux État-Généraux en mai 1789.


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