Batz (Baron de)

(1754-1822)
Député à la Constituante, contre-révolutionnaire, agent royaliste. Il tenta de sauver Louis XVI de l'échafaud. 

Lettre autographe signée, 20 avril 1814, à Louis XVIII, 2 pages in-folio.

 

Très belle et rare lettre du fameux agent royaliste à Louis XVIII, quelques jours avant le retour des Bourbons sur le trône et deux semaines après la première abdication de Napoléon Ier. 

 

« La main de Dieu devait seule nous rendre les Bourbons, et la félicité, la réhabilitation de la France… »

 

« Monseigneur,

Si votre altesse Royale a daigné conserver quelque mémoire de mon dévouement, comme j’ai l’orgueil de l’espérer, elle me plaindra de n’avoir pas été des premiers à ses pieds à son arrivée en France. Il n’y aurait pas d’expressions pour mes regrets s’il n’avait pas été utile, peut-être, que je veillasse ailleurs ; et dans ces derniers temps, à Montpellier, ville principale qu’environnaient des chances périlleuses. Tout y était organisé pour un courageux effort ; mais la main de Dieu devait seule nous rendre les Bourbons, et la félicité, la réhabilitation de la France, attachées uniquement à leur retour.

 

Quelques derniers renseignements précieux à recueillir, et des sollicitations auxquelles j’ai dû céder, me retenant quelques moments encore, je ne puis soutenir l’idée de paraître en retard, ou d’un zèle faible. Daignés donc me pardonner, Monseigneur, d’oser vous assurer qu’aucun français ne me surpasse en dévouement à la plus sainte des causes, et à votre altesse Royale personnellement. 

 

Je vais d’autant plus me hâter de retourner à Paris, que j’apporterai des notions utiles sur les choses et les personnes pour assurer le parfait repos et la satisfaction générale de ces contrées qui méritent une attention particulière. Peut-être même pourrai-je offrir les moyens de rendre un plus important service.

 

Au terme de tant de calamités, combien il me sera doux, Monseigneur de pouvoir présenter de nouveau à votre altesse Royale, les félicitations et le dévouement qui ne s’est jamais démenti, de la même noblesse d’Albret dont elle avait daigné accepter la députation : ce souvenir ne mourra jamais sur le territoire qui a été le premier patrimoine de notre immortel Henri votre aïeul.

 

Je suis avec respect,

Monseigneur,

de votre alterse Royale

Le plus fidèle, le plus dévoué et le plus passionné serviteur.

Le Bon de Batz ».

 

Le 6 avril 1814, Napoléon Ier avait abdiqué à Fontainebleau et renoncé au trône pour sa famille. Le 11 avril l’empereur signa le traité de Fontainebleau et dès le lendemain, le comte d’Artois (futur Charles X) fait son entrée à Paris. Louis XVIII quitta l’Angleterre, où il s’était réfugié, le 19 avril. Il débarqua à Calais trois jours plus tard. Il fit son entrée solennelle dans Paris le 3 mai. 

Pendant la Resturation, le baron de Batz devint maréchal de camp et se fit décorer de la croix de Saint-Louis. Après les Cent-Jours et la seconde Restauration, il se retira dans son domaine de Chadieu. Il y meurt en janvier 1822.


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