Assassinat du Duc de Berry (1820)

Etienne-Denis Pasquier (1767-1862).
Homme politique français. Chancelier de France.

Lettre signée, Paris, 21 février 1820, à monsieur d'Hailly, 2 pages in-folio.

 

Importante lettre du Baron Pasquier annonçant la démission du gouvernement de Cazes et la nomination du Duc de Richelieu, conséquences de l'assassinat du Duc de Berry (14 février).

 

"La santé de Mde la Duchesse de Berry se raffermit de jour en jour. Elle a reçu avant-hier la première visite du Roi..."

 

"Monsieur,

J'ai l'honneur de vous annoncer que le Roi vient d'accepter la démission de M. le Cte de Cazes, et a nommé M. le Duc de Richelieu, Président du Conseil des Ministres. Sa Majesté a élevé M. le Cte de Cazes à la dignité de Duc ; elle l'a, en même temps nommé ambassadeur près la Cour de Londres.

M. le Duc de Richelieu ne prend point de portefeuille : il a simplement le titre de Secrétaire d'État joint à celui de Président du Conseil. Il ne s'opère point d'autre changement dans le ministère du Roi. Chacun des Ministres garde son département, et il sera pourvu à celui de l'Intérieur probablement dans la journée.

La santé de Mde la Duchesse de Berry se raffermit de jour en jour. Elle a reçu avant-hier la première visite du Roi. Nous espérons qu'elle sera bientôt en état de revenir à Paris. 

 

D'après les lettres des départements, la nouvelle de l'horrible attentat qui nous privés du Duc de Berry, y a produit la même impression de douleur qu'à Paris. Toutes les villes s'empressent d'en faire parvenir l'expression au pied du trône.

Agréez Monsieur,

l'assurance de ma haute considération.

Pasquier.

 

Du 22 : le Roi vient de donner le portefeuille de l'Intérieur à M. le Comte Siméon.

M. le Baron Monsieur est nommé Directeur Générale de l'administration départementale et de la police.

M. le Comte Portalis est nommé sous secrétaire d'État au Ministère de la Justice".

 

Après l’assassinat du Duc de Berry, la presse ultra se déchaîne contre Decazes, jugé responsable de la situation par son libéralisme. Des journaux comme Le Conservateur de Chateaubriand houspillent la politique libérale de Decazes. Il est accusé de faiblesse envers l'opposition libérale-républicaine, suspectée alors de complicité envers l'assassin. Les ultraroyalistes, meurtris, expriment leur tristesse et leur colère par la demande de mesures d'exception ce que Decazes finit par accepter. Mais malgré cette concession aux ultras, il est désavoué par la gauche de la chambre comme par la droite, qui se méfie de l'homme proposant ces mesures. Il est contraint de présenter sa démission le 17 février 1820 et est remplacé par Richelieu le 20, qui s'est précédemment assuré du soutien du comte d'Artois.

 

450 €