robert brasillach autographe manuscrit

Brasillach (Robert)

(1909-1945)
Ecrivain français

Lettre autographe signée d’un dessin représentant un masque de loup, (printemps 1944), à un « cher ami », 1 page 1/2 in-8.

 

Extraordinaire lettre de Brasillach tenant de se procurer des faux papiers d’identité pour fuir Paris à l’orée de la Libération.

 

« Les communistes sont moins bêtes que nous… »

 

« Samedi,

Cher ami,

Voici une autre lettre, écrite à la suite, mais de caractère différent. Je reste optimiste en connaissant les dangers, vous dirais-je. Vous savez sans doute par vos bonnes relations qu’on craint des soulèvements, des débarquements, etc. Je crois qu’on exagère, mais il y aura sûrement quelque chose. On peut avoir besoin de se promener quelques jours, d’aller dans un hôtel d’une autre rive ou d’une autre ville.

Les communistes sont toujours très bien outillés pour les petits voyages de trois jours ou d’une semaine. Pas nous, ce qui prouve que les nationaux sont des cons.

Alors, j’ai pensé que vous qui avez tant de bonnes et de mauvaises relations, peut-être auriez-vous quelque moyen d’avoir une fausse carte d’identité, de n’importe où. Vous voyez que je suis franc. Est-ce faisable ? Il a de soi que si c’est une mauvaise relation, elle serait payée. J’ai cherché ici, je n’ai rien trouvé. Il y a longtemps que j’y pense, et si vous n’y avez pas songé, je crois que vous devriez y songer aussi. refrain : les communistes sont moins bêtes que nous.

 

Su par hasard, cela vous était possible, dites le moi. Je m’appellerai comme vous voudrez, je serai né où vous voudrez et quand vous voudrez entre 1908 et 1910. Mon signalement est, 1?74m, cheveux noirs, yeux marrons, nez (dos : rect… base : nor. dimension petite) forme générale du visage : rond, teint mat.

Et je vous envoie une photo… Maison !

Vous me trouverez imprudent de vous écrire cela noir sur blanc, mais on n’ouvre pas tant de courrier qu’on croit. Et puis, après ? ».

 

Au moment de la Libération de Paris, beaucoup d’écrivains collaborateurs sentent le vent tourné. Début août 1944, le Conseil national des écrivains dresse une liste noire des écrivains coupables d’avoir collaboré avec l’ennemi. Le 15 août, Pierre Drieu la Rochelle tente de se suicider. Abel Bonnard et Lucien Rebatet se trouvent eux en Allemagne, en compagnie de Louis-Ferdinand Céline à Sigmaringen. 

Robert Brasillach se refuse finalement à fuir Paris et se réfugie dans le 5e arrondissement, rue Rataud. Apprenant l’arrestation de sa mère, il se constituera prisonnier avant d’être fusillé le 6 février 1945.

 

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