abbé grégoire

Grégoire (Abbé)

(1750-1831)
Homme politique français, Député aux Etats-Généraux, évêque constitutionnel et député à la Convention

Lettre autographe signée « Grégoire », Paris, 12 frimaire an 4 (3 décembre 1795), au citoyen Guillotin, 1 page 1/4 in-4, adresse.

 

L’Abbé Grégoire tente d’arrêter la vente des biens de Pierre Marie Auguste Broussonet.

 

« Citoyen,

J’apprends qu’on est sur le point de vendre les meubles trouvés rue des blancs-manteaux dans l’appartement du citoyen Broussonet membre de la cy-devant académie des Sciences.

Broussonet est à Montpellier et fait actuellement les demandes nécessaires pour être rayé de la liste des émigrés. Ne pensez-vous pas citoyen que la justice réclame la suspension de la vente des meubles de ce savant distingué jusqu’à ce que la loi ait prononcé à son égard cette mesure qui conserve les droits respectifs et de la nation et du pétitionnaire me parait conforme aux principes de l’équité et au nom de la loi. J’ai cru devoir vous transmettre la réclamation de ce citoyen et je suis bien persuadé que dans tout ce qui est compatible avec le devoir vous vous empresserez de l’obliger.

Veuillez bien m’accorder un mot de réponse qui contiendra votre décision.

Salut et fraternité.

Grégoire ».

 

Broussonet (1761-1807) était un scientifique français, élu à l’Assemblée nationale en 1789 puis député de Paris à l’Assemblée législative dont il devient secrétaire en janvier 1792. Partisan des Girondins et proscrit avec eux, il s’enfuit de Paris pour se réfugier en Espagne. Il obtient, sous le Directoire, l'autorisation de revenir en France et refuse un siège au nouvel Institut de France car il préfère rester près des siens, à Montpellier. Mais, encore inscrit sur la liste des émigrés, il ne peut exercer la médecine et sa situation est difficile. Il obtient enfin d’être rayé de cette liste en 1797.


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