Affaire Dreyfus

Paul Alexis  (1847-1901)
Romancier, auteur dramatique et critique d'art français. Proche d'Émile Zola, il fait partie du groupe des "Six" à l'origine des Soirées de Médan. 

Lettre autographe signée, Levallois-Perret, (1898), à Gabriel Bertrand (1861-1917), 2 pages in-12.

 

En pleine affaire Dreyfus, très intéressante lettre de Paul Alexis après les attaques dont fut victime Zola dans Le Petit Journal. 

 

« Le moment est venu de commencer immédiatement la publication d’Émile Zola… »

 

« Cher Monsieur Bertrand,

Après l’article infâme de M. Judet calomniant la mémoire du père de Zola et la poursuite en correctionnelle que celui-ci intente à ce misérable, le moment est venu de commencer immédiatement la publication d’Émile Zola (Notes d’un ami) ; dont les deux premiers chapitres - intitulés les Débuts dans la vie et l’Enfance à Aix - sont un document exact qui répond à cette immondice.  

Dans le cas où vous ne pourriez commencer tout de suite, veuillez me le faire savoir, afin que je puisse tenter la chose ailleurs. Nos bons rapports n’en seraient nullement atteints et si je n’en continuerais pas moins à vous envoyer quelquefois de la copie.

Avec une cordiale poignée de mains.

Votre collaborateur

Paul Alexis ».

 

Pour avoir publié sa lettre ouverte « J’accuse » dans L’Aurore le 13 janvier 1898, Zola fut l’objet de deux procès au printemps et à l’été de1898. Il dut s’exiler à Londres en juillet 1898. Par ailleurs, le directeur du Petit Journal Ernest Judet publia les 23 et 25 mai 1898 deux articles diffamatoires contre le père de Zola dont un éditorial «Zola, père et fils ». Judet accuse François Zola (1796-1847), ingénieur et militaire d’origine italienne, d’avoir procédé à un détournement de fonds et d’avoir été chassé de l’armée au moment où il s’était engagé dans la Légion étrangère. Ce qui expliquerait pour Judet l’animosité d’Émile Zola contre l’armée.

L’écrivain intenta un procès en diffamation au journaliste, lequel fut condamné le 3 août.


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