kellermann autographe

Kellermann (François-Etienne)

(1770-1835)
Second duc de Valmy, Général français

Lettre autographe signée, Valladolid, 9 octobre 1809, au général de division Thibaut, 3 pages in-4.

 

Intéressante lettre de Kellermann quelques semaines avant la bataille d’Ocaña.

 

« Je ne reçois qu’en ce moment, mon cher général, votre lettre du 1er ; elle m’annonce qu’on n’a aucune nouvelle au delà de Miranda, si vous en avez de Miranda, on doit dans cette ville en avoir de Vittoria.

Je ne conçois pas qu’il n’arrive rien de France tandis que je sais positivement, qu’outre les polonais, il est parti 50 chevaux hanovriens, 400 h. d’infanterie et 150 chevaux Westphaliens, que d’un autre côté, il est parti d’ici plusieurs convois qui ont du ouvrir la route et la rendre praticable.

 

Il me semble (…) d’une nécessité absolue de marcher sur Vittoria, vous pouvez faire exécuter un mouvement, mais pas à plus de 3 marches de Burgos. Il est inutile d’y aller vous-même (…) Il parait que toute cette partie est en pleine insurrection, car pendant toute la nuit l’officier a entendu sonner du corps sans doute pour rappeler les insurgés. Il n’avait que 100 h. d’infanterie et 30 chevaux. J’espère ou qu’il aura trouvé votre monde, ou qu’il ne se terre pas compromis avec si peu de monde.

Ne comptez pas sur le commandant d’Arandes, parce qu’il est difficile de lui faire arriver des ordres et que d’ailleurs je le crois à Burgo d’Osma pour correspondre avec le chef de bataillon du 70e.

 

Avez-vous réuni les 40 chevaux des réquisitions pour que je vous envoie les 40 cavaliers, car vous savez qu’ils sont remontés et la plupart sans armes. Je vous réitère, mon cher général, de ne point envoyer de sel au delà de l’Elsa, il est bien vrai que ces sels sont vendus pour le compte du Roi, mais comme les insurgés sont maître de ce pays, ils percevraient les revenus du Roi. Et leur envoyer du sel c’est leur envoyer de l’argent… »

 

 

Kellermann avait servi dès 1807 dans la péninsule ibérique sous les ordres de Junot. En 1809, Kellermann remplaça le maréchal Bessières dans le commandement en chef de l'armée septentrionale d'Espagne et se joignit au corps du maréchal Ney en Galice, avec lequel il effectua l'invasion des Asturies. Il battit l'armée réunie par le marquis de La Romana et combattit à Alba de Tormes, où il remporta, huit jours après la bataille d’Ocaña (19 novembre 1809), un avantage décisif.

 
 
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