revolution francaise autographe

Journée du 10 août 1792

Claude Coulombeau (né en 1751).
Homme de loi, membre de le Section du Roi-de-Sicile

Lettre autographe signée de Claude Coulombeau, secrétaire greffier de la Commune de Paris, Paris, 13 août 1792, aux membres de la Section du Roi de Sicile, 2 pages in-4, adresse.

 

Très intéressante lettre concernant les débats de La Commune de Paris juste après la journée révolutionnaire du 10 août et notamment sur l’enfermement de Louis XVI et la famille royale au Temple.

 

« Messieurs,

La nuit a été tranquille du 12 au 13. On s’est occupé de différentes arrestations et d’un rapport de la mise de scellés dans différentes maisons.

2° des soins à prendre de nos frères d’armes blessés dans la journée du dix. Ordonné que les chirurgiens qui prennent soin de la charité y seront logés et nourris afin de pouvoir toujours se porter au secours de leurs malades.

3° Evacuation ordonnée des maisons religieuses de l’un et l’autre sexe, dans le plus court délai.

4° Discussion sur l’abolition des costumes. 

5° Nouvelle discussion sur l’habitation proposée pour le Roi dans la tour du Temple. Décret de l’Assemblée nationale qui ordonne qu’il logera dans le palais du ci devant Duc d’Angoulême au Temple. Grand débat à cet égard. Arrêté qu’il sera demain avant la fin du jour. (Louis XVI et la famille royale avaient d’abord trouvé refuge au couvent des Feuillants avant d’être transférés dans la nuit du 13 août).

Différentes députations tant des sections que de la gendarmerie nationale qui se plaint de ses chefs. Séance suspendue à 4 heures.

Lundi 13. Séance reprise sur les huit heures. Arrêté qui donne à la gendarmerie tant à pied qu’à cheval de réélire ses officiers qui presque tous l’ont abandonnée dans la journée du dix. 

Arrêté qui met en état d’arrestation à la conciergerie tous les officiers de l’état-major des deux gendarmeries.

Arrêté qui ordonne de nouvelles mesures pour empêchez de sortir de Paris pendant quelques temps encore.

Arrêté qui renvoie au comité de surveillance la liste des personnes que Louis XVI et sa femme demandent auprès d’eux.

On commence les vérifications des pouvoirs et l’on chasse les royalistes et les électeurs de la Ste Chapelle.

les discussions à ce sujet deviennent fort longues et un peu orageuses.

Cet travail est interrompu par l’arrivée de M. Delaporte, intendant de la Liste civile.

La fatigue me force de me retirer à 1 heure 1/2 après-midi n’ayant presque pas dormi depuis jeudi…

J’ai l’honneur d’être avec respect

Messieurs

Votre très humble entres obéissant serviteur.

Coulombeau.

Lundi 13 à 4 heures

Prêt à retourner à l’appel nominal ».

 

Claude Coulombeau (né en 1751) était un homme de loi qui habitait rue des Francs-Bourgeois à Paris. Il avait été Electeur en 1792, membre de la Commune du 10 août et nommé secrétaire-greffier de la municipalité le 5 septembre 1792. 

Il était membre de la section du Roi-de-Sicile rebaptisée en août 1792 Section des Droits de l’Homme. Cette section (12 321 habitants et 1265 indigents) se trouvait au centre de Paris, proche de l’hôtel-de-ville. En 1793, elle sera animée notamment par l’enragé Varlet, défenseur du principe de la souveraineté populaire et de la démocratie directe. 

C’est dans cette section que se trouvait la Prison de la Force qui devint après la journée du 10 août un lieu de détention politique où étaient amenés les accusés et les suspects en attendant leur procès. Nombre d’entre eux furent tués lors des Massacres de septembre (dont la princesse de Lamballes).


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