autographe napoléon

Campagne de Russie (1812)

Guillaume de Latrille de LORENCEZ (1772-1855). 
Général français, baron de l'Empire, chef d'état-major d'Oudinot lors de la campagne de Russie.

Lettre autographe, au maréchal Berthier, Obeschowya (Orcha, Biélorussie), 20 novembre 1812, 1 page in-4.

 

Rare et intéressante lettre du général Lorencez deux jours après la terrible bataille de Krasnoï et quelques jours seulement avant le passage de la Bérézina.

 

« Je pense que ce sera entrer dans les intentions de l’Empereur que de poursuivre aussitôt mon mouvement sur Minsk… »

 

« Monseigneur,

Ainsi que j’ai eu l’honneur de l’annoncer à votre Altesse Sérenissime, les troupes du 2e corps arriveront demain et seront disposées entre Kroupki et Bobr ; Je ferai en sorte que ma tête de colonne arrive le 22 à Borisov ou que du moins elle en approche le plus possible de manière à être entièrement ralliée à Borisov le 23. Je pense que ce sera entrer dans les intentions de l’Empereur que de poursuivre aussitôt mon mouvement sur Minsk ; s’il était nécessaire que j’attendisse à Borisov de nouveau ordres, je prie V.A. de me le faire savoir.

j’ai envoie un de mes aides de camp pour avoir des nouvelles du Gal Dombrowski ».

 

À cette date, la Grande Armée est au bord de l’agonie et tente d’achever sa retraite de Russie dans des conditions effroyables. Cette lettre fait suite à la bataille de Krasnoï (15-18 novembre 1812) entre l’armée impériale russe commandée par le général Koutousov et les armées napoléoniennes qui subissent de lourdes pertes. Ney échappe de justesse à la reddition et rejoint Napoléon le 20 novembre à Orcha. Le total des pertes françaises à Krasnoï est estimé entre 6 000 et 13 000 morts et blessés et 20 000 à 26 000 disparus ou prisonniers.

Exposée sur son flanc aux coups de l'armée de Wittgenstein, poursuivie par celle de Koutouzov, et bloquée par la Bérézina dont l'armée de Tchitchagov maîtrise le pont de Borissov depuis la veille, la Grande Armée se trouve, dans une situation désespérée. Le 23 novembre, les Russes attendront les Français à Borissov. Napoléon décidera d'y organiser une manœuvre de diversion pour permettre le franchissement de la Bérézina 15 km en amont, face au village de Stoudienka.



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